lundi 31 mai 2021

Voyage chez ma psy


 Si je plonge dans ma tête et que je rêvasse à un sentiment de liberté, je suis allée voir ailleurs pour mieux me retrouver. Juste l’excitation d’être dans l’avion, juste l’excitation de gouter au dépaysement et à l’aventure. J’ai envie d’apprendre à vivre avec moi-même. Je suis bien. J’ai fait les bons choix.

Je n’ai pas de destination précise. J’ai quelques plans en tête, mais aucune limite de temps. Je veux seulement avoir du temps pour prendre du temps. J’ai des papillons dans le ventre. Quel beau projet. J’ai finalement réalisé mon fantasme. Vivre chaque instant comme si c’était le dernier.

Je ferme les yeux. J’entends la mer. L’odeur saline me frôle les narines et je perçois au loin les restaurants bondés de gens. J’entends de la musique. J’ai faim et j’ai soif de découvertes.

Je m’alimente des gens de l’endroit. Je veux tout savoir : Comment ils vivent ? Qu’est-ce qu’ils mangent ? Quelles sont leurs coutumes ? Tout. J’ai besoin de le vivre avec eux et comme eux. Je veux l’expérience immersive.

Cette année, je pars. Je m’en vais me retrouver. Je m’en vais apprendre à être bien avec moi-même, à mieux me connaître. Je m’en vais comprendre la vraie signification du mot vivre. J’ai rempli mon sac à dos de mes rêves et de mes aspirations. Je n’avais pas besoin de plus. Je me sens riche.

Je me vois déjà en Grèce, sur la plage, en mangeant des spanakopitas. Je fantasme que Jamie Oliver vienne me porter du fromage feta et des olives. Je me soule avec le bruit des gens qui m’entourent.

Demain, je vais probablement changer de destination. J’ai des plans, mais pas d’horaire. Je vais rencontrer des amis et nous allons savourer le moment présent pour quelques jours ensemble. Pourquoi pas boire, rire et manger. Plaisir simple à l’état brut sans aucune contrainte. Comme je me sens extrêmement choyée, je vais vivre chaque minute. Je vais vivre simplement.

Une trame musicale à mes oreilles, je chante. Il fait soleil. Je fais de la route. La fenêtre est ouverte. J’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Je m’en vais faire le tour du monde.

Ça fait rêver?

Un exercice très anodin que ma psy m’a demandé de réaliser. Le but n’étant pas nécessairement de nous faire fantasmer, bien que dans le contexte actuel cela fait un grand bien, mais d’aller décortiquer notre système de valeur, les grands principes de notre vie. C’est le noyau de notre système de croyance et influence chaque décision que nous prenons. Allez à l’encontre de celles-ci, crée des conflits difficiles à résoudre. Alors, ça devrait toujours être non-négociable.

Pourquoi est-ce qu'on nous enseigne pas ça à l’école ? Il me semble que ça règlerait pas mal de choses. Je me suis rendue à l’évidence, je n’avais rien fait encore selon mes valeurs, ce que je voulais réellement. J’ai même eu une relation de dix ans, simplement axée sur le plaisir et la liberté. Bravo pour ma soif de vérité, d’évolution, de partage et de réussite. Avant mon voyage chez ma psy, sans le savoir, j’avais déjà compris comment cette importance de se respecter. J’étais allée à la rencontre de moi-même.

J’ai soif d’authenticité et de relations vraies. Je me nourris de l’évolution que j’ai faite. Je tire du positif à travers le négatif et les erreurs que j’ai pu faire. J’ai goût de partage dans le plaisir. Tout cela, vibre et je sens que j’ai réussi. Je suis libre…

Si je plonge dans ma tête et que je rêvasse à un sentiment de liberté, je suis allée voir ailleurs pour mieux me retrouver. Juste l’excitation d’être dans l’avion, juste l’excitation de gouter au dépaysement et à l’aventure. J’ai envie d’apprendre à vivre avec moi-même. Je suis bien. J’ai fait les bons choix. Je suis alignée avec mes valeurs. Vérité, évolution, partage, plaisir, réussite, liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mardi 25 mai 2021

Prose d’un printemps un peu froid.

 

Ce n’est pas l’hiver, mais c’est un printemps un peu froid. Dans mon appartement aux murs sauge, j’apprends tranquillement à apprivoiser ma solitude.

Prélude d’une nouvelle histoire. Un gros coup de vent glacial, je persévère.

Ce n’est pas l’hiver, mais c’est un printemps un peu froid, froid en dedans. Des fois, mon malaise revient. C’est parce que je me raconte des peurs.

Torpeur, je n’ai plus envie de me définir à travers les autres. Je veux me définir moi-même. Rien n’empêche de me reconstruire avec autrui.

Ennuie, c’est fou comme c’est récurrent. Je tourne en rond. Je ne sais plus quoi faire. Je regarde le fond de mon verre.

Ce n’est pas l’hiver, mais c’est un printemps un peu froid. Des fois, je me sens brisée et je passe le temps en recollant les petits bouts cassés.

Blessée, j’ai été abandonnée.

Angoissée, je suis dépassée. Je digère. Je persévère.

Ce n’est pas l’hiver, mais c’est un printemps un peu froid. Ils sont où les beaux jours ? Il est où le soleil ?

Sommeil, je te cherche. Je suis en état de veille. Je ne ressens plus rien.

Va-et-viens, mouvement que je répète sans cesse, calvaire.

Ce n’est pas l’hiver, mais c’est un printemps un peu froid. Je suis gelée. Ébranlée, je dois me secouer.

Clouée dans mon lit, je décide de me relever. S’en était assez. Fuck les insécurités. J’ai vu le bout.

Doux sentiment d’un souvenir amer.

Ce n’est pas l’hiver, mais c’est un printemps un peu froid. Dans mon appartement aux murs sauge, j’apprends tranquillement à apprivoiser ma solitude.

Prélude d’une nouvelle histoire. Un gros coup de vent glacial, je persévère.



lundi 10 mai 2021

Allons voir ailleurs si nous y sommes?

 

Crisse de pleine lune qui "fuck" encore toutes mes perceptions, qui me "fuck" en dedans. J’ai à peine sortie le nez de ma caverne depuis environ deux semaines, juste pour être ailleurs. J’ai le trouble de l’attachement anxieux qui provoque toujours l’hyperactivation du système de l’attachement. Besoin de faire le tri mental, besoin d’être en dormance profonde. Je réduis mon activité métabolique pour conserver mon énergie.

Maudit pattern…

Qu’est-ce que je fais ? J’avance ou bien je recule ? Je pars ou bien je viens ?

Il n’y a rien pour moi, ici. C’est mon syndrome post traumatique qui me parle : abandon, insécurité, besoin d’attention. Un seul désir, m’effacer comme un coup de vent rafraîchissant. Je ne suis que poussière de rêve. Je suis de la bonne « junkfood ». Tout ça, avant que quelqu’un d’autre le fasse à ma place. Je contamine ma perception du réel.

Partir ? S’éloigner ? Se retirer ?

Pi la peur… Pi la peur du rejet… Pi la peur de faire fuir… aussi bien le faire avant.

Tellement de choses délicates que je ne peux pas dire… Des choses qui ne m’appartiennent pas, mais qui font que je me referme sous mon scaphandre. Je me jette au fond de l’eau. Il est trop lourd. Tellement de choses délicates que je ne peux pas dire… Des choses qui m’appartiennent qui fait que j’accroche à mon scaphandre une grosse brique. Il est encore plus lourd.

Je sombre…

Je n’ose pas en parler. Comme j’ai fait un grand pas vers l’avant dans ces derniers mois, mon orgueil me dit de fermer ma gueule. Garde ta tête hors de l’eau, montre que tu es forte. Garde ta tête dans les nuages et rêvasse pour essayer d’oublier.

Maudit pattern…

Entourée de personnes évitantes pour accentuer ma blessure d’abandon. Entourée de personnes évitantes pour me rappeler que je suis sans importance. Évitent distant, évitent anxieux. Je menace de partir. Je contamine mon moment présent.

Et si nous allions voir ailleurs si nous y sommes ?

Prendre un pas de recule pour mieux se projeter. Se réinventer comme ils disent depuis que nous sommes masqués, depuis le début de notre nouvelle vie. Je dis nous, mais en fait, c’est ma façon de me déresponsabiliser d’inclure les autres. Je me sens donc moins coupable de redresser la barricade.  

Crisse de pleine lune qui "fuck" encore toutes mes perceptions, qui me "fuck" en dedans. J’ai à peine sortie le nez de ma caverne depuis environ deux semaines, juste pour être ailleurs. J’étais bien lorsque je n’avais rien à penser.

Maudit pattern…

C’est de la faute à personne. C’est simplement mon sentiment de solitude et de rejet qui prend toute la place. Je "call" un code 18. Le problème est derrière l’écran, à 18 pouces et c’est moi. J’ai le trouble de l’attachement anxieux qui provoque toujours l’hyperactivation du système de l’attachement. Besoin de faire le tri mental, besoin d’être en dormance profonde. Je réduis mon activité métabolique pour conserver mon énergie. Je cherche ma sécurité. Je dois réapprendre à vivre avec moi, seule.



dimanche 2 mai 2021

L’allégorie de la caverne

 


Depuis le mal à dit, je suis descendue faire un petit tour dans ma caverne. Prisonnière de mes pensées, je n’arrive pas à les exprimer. Sans mots, je reste enchaînée tout au fond avec mes réflexions.

Fuck, aujourd’hui, il n’y a pas juste moi qui se sens bipolaire, Dame Nature aussi. Il neige, il fait froid. J’ai un bref souvenir d’un hiver douloureux. Le vent glacial sur mon visage me fait revivre toutes sortes d’émotions. J’ai le goût de remettre mes souliers blancs pour marcher dans la « sloche » ou mon « kit » en monochrome de gris pour m’ensevelir sous les couvertures de mon lit nuage.

Tsé, une journée comme ça…

Je pense à mon Amireux et j’ai envie d’avoir un sourire niaiseux. Je n’arrive toujours pas à mettre le doigt sur ce qu’est cette relation. Des fois je me sens amoureuse, des fois je me dis que c’est simplement un ami. Des fois je me sens belle, des fois je me sens rejetée. Des fois on a envie de frencher, des fois on est comme un vieux couple qui oublie de se toucher. On parle tout le temps, de pleins de sujets. On revisite la langue française, on se remet en question. Mais jamais on ne parle d’intimité…

J’ai fait un homme de moi. Je suis descendue faire un petit tour dans ma caverne. Prisonnière de mes pensées, sans pouvoir les exprimer. Dans mon monde d’illusion, je reste enchaînée tout au fond avec mes réflexions. Je regarde mon ombre.

Pourquoi toi, tu es encore là ? Toi qui m’a fait tant de mal… Depuis deux semaines, je pense à toi. Tout le temps. Je me sens bipolaire. Il y a toi et il y a l’Amireux. Encore une fois, un beau copié collé d’une vie passée. Je me sens comme un scarabée qui roule sa boule de marde. Pi un peu comme avec l’Amireux, des fois je t’aime, des fois je te haïs. Des fois je me sens bien, des fois je me sens abandonnée. Des fois j’ai envie de te frencher, des fois j’ai envie de t’oublier. On parle plus, on ne parle pas. Rien. Et puis quand j’essaie, tu me réponds Alright. Point.

Fuck, aujourd’hui, il n’y a pas juste moi qui se sens bipolaire, Dame Nature aussi. Je suis dans ma caverne. Prisonnière de mes pensées, je me sens rejetée, abandonnée. Dans mon monde matériel et imparfait, dans mon monde d’illusion.

Je pense à mon Amireux et je ne comprends pas. Je n’ai pas besoin de poser une étiquette sur cette relation. Je suis encore en reconstruction, anyway. Je suis simplement moi et j’ai encore des rechutes pour me rappeler que je suis un humain. Que je suis imparfaite et que c’est parfait ainsi. Que je suis normale, que je ne suis pas invincible. Ça, je suis capable de lui dire. Le reste, ça sort toujours pas. Ça reste en dedans et ce n’est pas évident.

Je me suis refermée. Je suis descendue faire un petit tour dans ma caverne. Prisonnière de mes pensées, enfermée dans mon enveloppe. Dans mon monde matériel et sensible, dans mon monde des idées.

Fuck, aujourd’hui, il n’y a pas juste moi qui se sens bipolaire, Dame Nature aussi. Il neige, il fait froid. J’ai un bref souvenir d’un hiver douloureux. Le vent glacial sur mon visage me fait revivre toutes sortes d’émotions.

Tsé, une journée comme ça…

Je suis en phase tremblement essentiel. Comme une "junky" qui a besoin de son "fix". Comme une « addict » qui est en détox. Dans mon monde des idées, dans mon monde sensible. Il faudrait que je m’échappe de l’illusion pour sortir affronter la réalité.

Je lâche de regarder mon ombre et me retourne pour voir la lumière à la sortie de ma caverne. Je ne sais pas si j’ai le courage de sortir.

Je pense à toi. Je me sens comme un scarabée qui roule sa boule de marde. En fait, c’est peut-être le scarabée qui me roule. C’est comme ça que je me sens quand je pense à toi. Pourquoi tu ne dis rien, pourquoi tu ne me dis rien? Je la veux ma vraie fin. Je les veux tes explications, je les veux tes excuses. C’est la connaissance qui me fera sortir de ma caverne.

Depuis le mal à dit, je suis descendue faire un petit tour dans ma caverne. Prisonnière de mes pensées, je n’arrive pas à les exprimer. Sans mot, je reste enchaînée tout au fond avec mes réflexions. Dans mon monde matériel et imparfait, je sombre dans l’illusion. Dans mon monde sensible, dans mon monde des idées, j’attends d’avoir les connaissances afin de m’échapper de l’illusion et atteindre la réalité. C’est la connaissance qui me fera sortir de ma caverne.

Fuck, aujourd’hui, il n’y a pas juste moi qui se sens bipolaire, Dame Nature aussi. Il neige, il fait froid. J’ai un bref souvenir d’un hiver douloureux. Le vent glacial sur mon visage me fait revivre toutes sortes d’émotions. J’ai le goût de remettre mes souliers blancs pour marcher dans la « sloche » ou mon « kit » en monochrome de gris pour m’ensevelir sous les couvertures de mon lit nuage.

Tsé, une journée comme ça…



samedi 24 avril 2021

Le mal à dit…

Inspiration...

Déjà trois heures que j’essaie de dormir. Dans mon rêve, j’essayais aussi de trouver le sommeil. Alors, je ne peux même pas dire si j’ai dormi ou pas. Et hop, une autre zopiclone pour faire stopper je ne sais trop quelle angoisse. Mon cœur panique, il fait des culbutes comme si j’avais couru un marathon. Mais il a peur de quoi ?

Je suis prisonnière de ma tête qui portant est vide et je n’arrive toujours pas à mettre le doigt sur le sujet de mon angoisse passagère. Par le temps que mon comprimé pour dormir fasse effet, j’inspire et j’expire profondément afin de me relaxer le cerveau et je repense à moi, il y a quelques semaines. Complètement à terre, dysfonctionnelle, ma bouteille de gin à la main. Le mal à dit.

Expiration...

J’ai eu l’air innocente durant combien de temps ? Est-ce que quelqu’un allait me secouer et me crier que j’étais juste une grosse conne. Tellement de gens que j’ai côtoyé qui me disent que c’est une bonne affaire sans jamais avoir eu la décence de me réveiller. Combien de « elles » j’ai eu devant moi ? Des elles que j’ai probablement invitées dans ma maison…

I dont give a fuck, mais je suis littéralement déclenchée. Moi qui me posait souvent la question, s’il allait bien. Maudite compassion et empathie, je vous rappelle que je suis supposée le haïr.

Inspiration...

Je me console en me disant que je vais bientôt voir l’Amireux et que, ça, ça me fait du bien.

Expiration. Il fait noir. Je pense que je me suis endormie.

Ça fait deux jours que je « feel » tout croche. L’élément déclencheur m’a réveillé. Je ne me souviens plus de la dernière fois que j’ai dormi sous aucun effet. Le mal à dit.

Inspiration...

J’ai la tête pleine. Comment vais-je être capable d’avouer tout ça à l’Amireux sans qu’il me juge ?

-          Hey! Je pense qu’on devrait diminuer notre consommation alcoolique.

Déresponsabilisation, j’ai 8 ans et demi. Je ne suis comme pas « game » de lui dire que j’ai un petit problème depuis maintenant bientôt 5 mois. Ce soir, c’est différent. C’est pour le plaisir. Le mal à dit.

Expiration. Je ne me souviens à moitié de rien. Il fait noir. Je dors à côté de lui, mon Amireux.

Un autre matin où je me suis réveillée encore tout croche, mais où je vais aller courir pour sortir le méchant, faire le vide. Mais ce matin, je me sens fragile et vulnérable. Lui, sa tête pèse trois tonnes sur l’oreiller. J’ai compris que je n’étais pas seule dans cette situation. Notre intimité venait d’être sabotée. Il y avait beaucoup trop de déclencheur dans nos têtes respectives. Le mal à dit.

Inspiration...

Les prisonniers s’en vont courir afin de se libérer.

Expiration...

Encore une fois, de belles discussions. Maudit, c’est encore moi qui parle. J’essaie un peu de projection. J’avais le « motton ». Il m’avait posé la question qui tue : Comment as-tu été capable de demander un arrêt de travail?

Inspiration...

Il a fallu que je me replonge, que je raconte tout encore une fois. Mon « motton » c’est transformé en vulnérabilité. Je pensais que j’avais bien installé ma barricade entre lui et moi. Faut croire que je m’étais trompé.

Expiration...

Je lui ai renvoyé le « motton ». Une belle confidence qui m’a beaucoup ému. Comment pouvais-je rester insensible devant sa situation et sa discrète émotion. J’avais l’impression qu’il parlait de moi, il y a quelques mois. Ce qui m’a le plus touché, c’est quand il m’a avoué qu’il se sentait vide, qu’il ne sentait rien en dedans. Je pense que si je ne mettais pas retenue, je m’aurais noyé avec toutes les larmes de mon corps. Le mal à dit.

Inspiration...

Je suis des semaines en arrière et je comprends entièrement comment il se sent. J’essaie de lui expliquer avec mon seul vécu, mon expérience, qu’il faut savoir s’accorder du temps pour se retrouver. Qu’en étant des petits robots, cela n’avancera à rien mis à part s’oublier. Que la personne la plus importante c’est soi-même et que c’est la seule qui restera avec nous toute la vie. Que nous devons absolument avoir l’urgence de vivre, car nous n’en avons qu’une seule… Il a l’air d’un ordinateur qui s’est mis en veille. Le mal à dit.

-          Tu as peur de quoi ?

Le mot peur est tellement anxiogène. Le mal à dit.

Expiration...

Je "feel" mon Amireux. La vie est une occasion qu’il ne faut pas manquer. J’inspire et j’expire profondément afin de me relaxer le cerveau et je repense à moi, il y a quelques semaines. Complètement à terre, dysfonctionnelle, ma bouteille de gin à la main. Je me félicite d’être encore debout et de ne pas m’avoir mise en veille. D’agir tous les jours comme s’il s’agissait du dernier du reste de ma vie. De simplement, m’avoir choisi.

Inspiration. Je sens la fatigue m’emporter avec elle sans l’aide de rien.

Expiration. Il fait noir. Je pense que je me suis endormie.



dimanche 18 avril 2021

I don’t Give a fuck…

 

Cette semaine, c’est officiellement mon retour au travail. Enfin, je vais pouvoir échanger mon kit en monochrome de gris et mes souliers blancs pour un « outfit » un peu plus sophistiqué pour courir le centre-ville en talon haut sans tomber. Quelle mission excitante!

La vie reprend son cours tranquillement pas vite...

Une semaine tout en douceur, où j’ai reçu une énorme vague d’amour de mes collègues de travail et de mes clients. C’est si bon de se sentir apprécier pour sa personne, mais aussi, dans la reconnaissance du bon service que je leur donne. Je n’ai jamais eu aussi hâte de retourner travailler.

Cette semaine, c’est officiellement mon retour au travail, mais aussi, je vais formellement fermer le livre de notre histoire. Une grosse brique pleine de chapitres de notre vie qui aura durée dix ans.

Une semaine tout en douceur, où j’ai reçu une énorme vague d’amour et d’encouragements de mes amis, de ma famille et de l’Amireux.  Merci, mes personnes d’exception, d’enjoliver ma vie et de me rappeler que je suis belle, bonne, fine, mais surtout capable.

Si je recule d’il y a quelques mois, j’écrivais encore le livre de notre vie. Nous avions tout ce que le monde voulait : une belle histoire d’amour, un chalet, des voyages, des folies, des fous rires, des projets… J’avais peur de rien et tout ce que je voulais, c’est d'être avec toi. Tu étais ma vie, tu étais ma famille, tu étais mon meilleur ami. De plus, je méditais déjà sur le tome deux de notre livre qui commençait avec l’enfant que je n’aurai jamais. Dans mon cas, ce n’est pas moi qui ai frappé le mur, mais c’est le mur qui m’a frappée. Et puis là, je me suis retrouvée devant rien, un livre entre les mains à peine fini.

Malgré la belle semaine qui s’était amorcée, j’avais le vertige. Je vais officiellement devoir fermer le livre de notre histoire et je vais surtout devoir te revoir.

Je ne l’ai pas vu depuis plus de trois mois. C’est certain que j’y repense encore occasionnellement sous forme de « flashback ». Souvent, je me réveille en pleine nuit, en sursaut, en ayant la nette impression qu’il me touche avec ses grosses mains ou qu’il entre dans le lit nuage en essayant de faire « fitter » son grand corps pour venir dormir avec moi. Je ne peux malheureusement pas effacer dix ans de ma vie comme dans le film « eternal sunshine of a spoless mind ».

Je suis humaine et il m’arrive d’avoir des faiblesses. C’est là que je « pop » une zopiclone pour m’endormir et ne plus penser.

Anticipation. J’ai peur de recevoir une décharge électrique dans mon cœur, qu’il arrête de battre et que je recule des semaines en arrière la face à terre sur la céramique de ma cuisine. J’ai fait beaucoup d’efforts pour être devenue ce que je suis aujourd’hui, dans le moment présent et c’est là que je veux rester. Par contre, je suis un être humain et je suis consciente des réactions que je peux avoir. Il s’agit quand même de ma plus grande histoire d’amour, mais probablement, de ma plus grande peine d’amour. J’espère que je vais le trouver laid. J’espère ne rien sentir. J’espère ne pas trop être nerveuse. J’espère ne pas trop avoir l’air conne.

Cette semaine, je vais mettre le livre de notre histoire sur la plus haute tablette de mon garde-robe avec tous nos souvenirs et en terme de matériel, je vais officiellement n’avoir plus rien, juste ma peau.

J’ai dilapidé tout mon Celi jusqu’au dernier sous. J’ai laissé 200$ dedans afin de me déculpabiliser. Je me console en me disant que quand je vais sortir de chez le notaire, je vais être riche.  Ce n’est toujours pas concret ce que je vais faire de toute cet argent, mais bon. Une chose à la fois. J’ai réalisé que je n’avais pas besoin de grand-chose pour être heureuse. Je suis déjà riche de toutes pi en plus, ce n'est pas la première fois que je le dis.

Cette semaine, je vais devoir affronter mes peurs et être dans la même pièce que toi. La veille, l’angoisse m’a prise dans ses bras et j’ai dû outrepasser la posologie de zopiclone pour être capable de dormir au moins 5 heures.

Lorsque je suis entrée dans la pièce, tu n’as même pas daigné me regarder. Par chance, je n’ai rien senti, aucune décharge électrique, aucune tristesse, aucun regret…. Rien…. J’avais un fou rire. Quel malaise pour les employés de ce bureau. J’ai voulu casser la glace au lieu de rire comme une fille beaucoup trop nerveuse.

-          Comment a été la route?

À la limite, j’aurais pu parler de météo et cela aurait été la même chose. Bref, nous étions rendus là et moi, j’étais déjà tellement ailleurs. Quand j’ai vu ton visage, j’ai compris toute la honte et la douleur que tu traversais. Celle que j’avais vécu, il y a de ça tellement longtemps. Tes yeux étaient vitreux, ton regard rougis, cerné, ton teint était gris, tes cheveux désordonnés et tu avais l’air de ne pas sentir bon.

Il a quand même fallu que nous soyons côte à côte. Tu pouvais sentir mon odeur, voir même te planter le nez dans mon cou, tellement tu étais proche. Je sentais le malaise, mais heureusement ce n’était pas le mien.

Lorsque le notaire nous a annoncé les montants que nous recevions, je voulais m’esclaffer, mais comme j’ai encore un peu d'amour et de la compassion pour toi, je n’en ai rien fait. Hashtag franchement mature!

Cette semaine, je vais réellement dire que je suis ailleurs et que j’ai passé à autre chose…

Je m’attendais à ce que tu me fasses des excuses ou du moins que nous ayons une petite conversation de courtoisie. "Next thing i know", j’avais mon longboard dans une main, ma clé usb de l’autre et tu me "shootais" : Bye Stef! Je n’avais même pas eu la chance de placer un mot. Dans ma bagnole, je pouffais de rire. Tout ce que j’avais retenu avec nervosité. Avoir su que tout ça aurait été aussi facile. 

Je suis Stéphanie next level, je suis ailleurs et je ne sens plus rien pour toi.

Finalement, j'ai trouvé le titre de notre livre : I dont give un fuck. 

Fuck, le titre a déjà été pris. 

dimanche 11 avril 2021

Moi aussi, j’ai envie de frencher sur l'autoroute 30.

 


Cette semaine, le printemps « flirt » avec l’été. C’est doux sur le visage, ça sent les bons jours et le monde est « fucking » beau à voir. Cette période de l’année me donne toujours envie de rêver. En fait, je rêve tout le temps, éternelle romantique je suis. Tsé, le printemps, ça me donne toujours envie d’être en amour avec des papillons qui grouillent en dedans, des étoiles dans les yeux, un sourire niaiseux pi toutes pi toutes. Faque je m’imagine danser dans la rue comme dans « La la land », partir en « roadtrip » en chantant « Road Trippin », faire l’amour partout en chemin en toute liberté ou simplement s’arrêter sur l’autoroute 30 pi « frencher » comme des ados sans lendemain, mais surtout, s’en foutre. Tsé, les émotions explosives d’adolescence (soupir)…

Je trouve qu’il y a quelque chose de vraiment romantique avec le « french » sur l’autoroute 30. Pi en plus, ce n’est pas si loin pour un petit moment d’impulsion. Mais bon, nous restons des êtres humains et nous sommes plus souvent pas vraiment « game ». Probablement parce que nous avons tendance à toujours être pogné dans notre tête dans ce mélange d’anxiété, de questionnement et d’anticipation, souvent négative.

Jasons un peu! Est-ce que l’on peut juste arrêter de se poser des « fucking » questions et se ramener dans l’instant présent ? Ça ce peux-tu juste se laisser aller et mettre notre cerveau à « off » deux petites minutes ? Nos pensées ont souvent envie de bifurquer vers l’imagination des événements anticipés et même pire nous le faire vivre sans qu’il ne se soit encore produit. Pourquoi faire compliquer quand tout peut être simple? Pourquoi ne pas faire revivre nos pulsions d’adolescent?

Le monde des adultes peut être tellement complexe pour rien…

-          Tu m’intimides…

-          Pourtant, je suis juste moi, un humain…

Je ne peux expliquer pourquoi, mais cette conversation, je l’ai reçue comme une claque en plein visage. J’étais bien loin de mon scénario de « La la land ». Probablement, parce qu’il me répète souvent que nous sommes rien et qu’à chaque coup, je ne l’avais pas vu venir. « Rien » c’est assez lourd comme mot surtout lorsqu’il signifie néant. Je préfère dire sans étiquette. L’Amireux peut être parfois très difficile à décoder. Non seulement, je dois toujours escalader un mur pour essayer d’aller voir derrière ce qu’il se cache, mais aussi parce que son non verbal ne semble pas cohérent avec ce qui sort de sa bouche ou simplement dans l’action de ses petites attentions.

Un beau débat corporel entre la tête, la bouche, le cœur et le « fucking » moment présent. En même temps, c’est une autre de nos soirées où nous nous sommes dit qu’il fallait être raisonnable, mais où nous avons bu tout ce qu’il restait dans mon cellier. Il se peut très bien que ma perception et mon interprétation de la chose aient été un peu affectées. Alors, pourquoi se poser autant de questions?

-          Peut-être que cette « drive » cache une pointe d’insécurité?

J’avais envie de me fermer, j’étais déçu… J’étais bien loin de mon « french » sur l’autoroute 30.

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir me trouver une faille? Je ne peux pas juste bien aller? Est-ce que je peux juste me laisser aller?

Sérieux, c’est certain que j’en ai des insécurités. Je reste un humain, je suis loin d’être parfaite et c’est parfait ainsi. En plus, est-ce qu’il faut que je te rappelle que l’homme que je croyais être l’homme de ma vie m’a trompé et que je me suis retrouver la face sur la céramique de la cuisine le jour de Noël comme une vulgaire merde en désintoxication de traitements hormonaux. Je ne pense pas que je vais être capable de faire confiance à quelqu’un demain matin ni même de m’investir dans quelque chose de sérieux rapidement. Aussi, c’est certain que j’ai ma blessure d’abandon qui s’est agrandi. Donc, merci de me remettre à jour que je ne signifie rien.

Qu’est-ce qu’il y a de mal à être résiliente, forte et d’avoir la capacité de se reconstruire rapidement?

De mon côté, je n’ai pas envie de faire ressortir ses défectuosités. Je l’ai déjà dit que je le trouvais  beau dans son imperfection, ses angoisses et sa petite réserve quand je suis en sa présence. Selon moi, il n’est pas « game » de se laisser porter par la vague sans trop se poser de questions. Je vais donc statuer que le commentaire était pour lui. Peux-tu juste apprécier et essayer de ne rien bousiller ou créer de malaise? Probablement un peu de ma faute, j’ai « caller » dès le début le sans filtre et la transparence 101.

Pi moi, ben je suis mauditement faite et dans ses moments-là, j’ai envie de faire un peu de sabotage. Un ancien système de protection qui revient occasionnellement à la charge. En plus de ma fermeture, c’est l’autre Stephanie qui ressort. Son job, faire de la destruction.

J’ai travaillé tellement fort pour ne pas retomber dans ce « patern ». Mais bon, il revient quelquefois. Le sabotage c’est bien subtil, un peu comme un « flirt » et le mien est toujours à deux volets. Premièrement, j’ai toujours mes petites insécurités de fille qui revient au galop dès que mon petit cœur fait trois tours. Comme si j’avais oublié tout le cheminement que j’avais fait jusqu’à maintenant. Je me remets en position d’infériorité. Franchement, je me suis pourtant promis que personne n’allait me faire sentir comme une personne moyenne. J’imagine que puisque j’en ai déjà pris conscience que le problème est pas mal en partie réglé. Je vais jeter ça entre les mains de ma psy afin d’approfondir tout ça. Deuxièmement, il y a le problème du câlinours phéromones. Je suis libre. Je me sens bien. J’ai repris conscience de mon pouvoir, mais j’ai peur de faire des conneries. Je suis quand même dans une relation exclusive même si l’on n’est rien. Honnêtement, même si rien signifie souvent enfantillage, insignifiant ou néant, je n’ai aucunement envie de saboter ce qui se passe avec l’Amireux, car je crois que j’ai quelque chose à apprendre à travers tout ça.

Faque, avant de tout saboter, je vais me fermer les yeux et rêvasser comme une ado qui « french » sur l’autoroute 30 comme s’il n’y avait pas de lendemain. Pi je vais m’en foutre. (Soupir)